Namur

Le cdH salue le Plan zonal de sécurité et attire l'attention sur les violences faites aux femmes

Le cdH a remercié vivement le Chef de corps, Olivier Libois, pour la présentation du Plan zonal de sécurité 2020-2025 et tout le travail effectué.

Les priorités assignées à notre Police pour 6 années, consignées dans ce document volumineux, est le résultat d'un an de travail, à partir du Plan national de sécurité, mais aussi de la compilation et de l'analyse d'une série de données démographiques, sociologiques, d'évaluations statistiques... qui sont autant d'indicateurs précieux sur l'évolution des infractions et délits à Namur.

Les statistiques révèlent aussi une augmentation de l'activité policière : plus de visites, plus d'arrestations judiciaires et administratives...

La Police est de plus en plus sollicitée et le cdH en a profité pour remercier l'ensemble des policiers et policières de Namur.

Dans les quatre priorités externes, le groupe cdH relève avec attention et intérêt qu'a été choisie la sécurité routière et, en particulier, le problème préoccupant de la conduite sous influences d'alcool et/ou de drogues.

Le groupe salue aussi la volonté d'organiser tout au long des mois et années à venir des réunions citoyennes dans le cadre d'un plan d'action par village pour solutionner les différentes problématiques spécifiques liées à la sécurité routière à chaque entité. Ce dialogue avec les riverains et riveraines est crucial et les conseillers et conseillères cdH s'engagent à y participer et à soutenir activement ce processus.

La 2e priorité que s'est assignée la Police à savoir la lutte contre le trafic des stupéfiants témoigne aussi d'une prise en considération d'un phénomène grandissant que la Police prend à bras le corps. Cela doit être de nature à rassurer davantage les Namurois et Namuroises.

Le cdH apprécie la décision de donner une priorité à la lutte contre la criminalité de rue et les bandes urbaines qui concernent plus particulièrement certains quartiers de Namur mais aussi de certains villages.

Enfin, la lutte contre les incivilités, contre la consommation d'alcool sur la voie publiques et pour le maintien de la propreté publique (notamment, la lutte contre les dépots clandestins), répond certainement à une demande pressante de l'ensemble des Namurois et Namuroises.

En ce qui concerne la priorité interne consignée dans le Plan zonal de sécurité, à savoir le plan d'optimalisation, le cdH relève particulièrement l'importance qui devra être accordée à la qualité de l'accueil du citoyen et de la citoyenne par la Police. C'est surtout l'accueil de toute 1ère ligne qui doit faire l'objet de la plus grande attention. Malgré des conditions de travail certainement difficiles de stress et de surcharge, le Namurois et la Namuroise doivent se sentir écoutées au téléphone, au guichet, sans avoir le sentiment qu'on le (ou la) dissuade de porter plainte.

C'est particulièrement important et sensible en matière de différents familiaux, de violences intrafamiliales et conjugales.

Namur a la chance de compter des assistantes de police qui effectuent un travail d'écoute de qualité et sont rapidement mobilisées. Mais elles ne se trouvent pas au guichet d'accueil qui ne fait pas toujours preuve de la même empathie.

La cheffe de groupe a toutefois regretté que les violences intrafamiliales n'aient pas été retenues comme une priorité.

Pourtant, différents éléments auraient plaidé pour en faire une priorité :

  1. comme le phénomène des stupéfiants, les violences faites aux femmes constituent un véritable phénomène de société d'aujourd'hui dont on parle régulièrement dans cette enceinte. Encore aujourd'hui, deux points complémentaires sur les droits des femmes et le cyberharcèlement ont été ajoutés par des conseillères. Plus largement, le revenge porn, le phénomène #metoo... restent d'actualité dans les médias mais aussi à Namur
  2. le Parquet a d'ailleurs quant à lui exprimé la volonté d'appliquer la tolérance «zéro » à cet égard. Le Family Justice Center, mis en chantier par le cdH sous la précédente législature, et qui sera spécialisé en matière de violences conjugales, progresse également.
  3. Quelques chiffres dans ce Plan plaident en ce sens :
    -en p.18, dans les statistiques judiciaires sur la criminalité, on relève une augmentation de 24,9 % de 2017 à 2018 des atteintes à l'intégrité morale,
    -en p. 24, on recense une augmentation de 15 % des homicides par rapport à 2018 (dont une proportion de féminicides, sans doute, dans ce total), une croissance de 14 % des coups et blessures « une bonne part dans le cadre de différends familiaux », écrivez-vous, etc.
    -Dans le Moniteur de sécurité, il y a encore cette remarque en p.48 : « ce sont les femmes qui se sentent le plus souvent 'toujours » ou 'souvent ' en insécurité ».

A noter, qu'il s'agit d'une des rares remarques « genrées » de ce rapport. Il y a très peu de données ventilées par sexe dans ce Plan, ce qui ne nous permet pas d'avoir une vue claire sur l'évolution des violences faites aux femmes qui n'apparaissent pas comme telles dans le rapport. Le cdH a plaidé pour plaider pour une récolte systématique de données genrées.

Le Plan zonal de sécurité note toutefois qu'à l'instar de la lutte contre le radicalisme, les violences intrafamiliales feront l'objet d'un point d'attention, d'une « approche structurée en régime ». Le cdH a exprimé le souhait que ces violences soient retenues ultérieurement comme une priorité à part entière.