Namur

« En l'espace de 20 ans, les maisons à Namur ont vu leur prix augmenter de 158 % passant de près de 84 000 euros en 1997 à près de 217 000 en 2017. »

Cette phrase, extraite du Profil local de santé qui nous a été présenté, le 22 octobre dernier, lors du Conseil communal CPAS conjoint, résume, à elle seule, l'ampleur du défi pour permettre à chaque Namurois et Namuroise à trouver un logement sain en adéquation avec ses besoins.

Pour garder sa population ou mieux la voir croître, Namur doit avoir une offre de logement qui rencontre ses attentes avec une attention particulière pour les personnes les plus précarisées et vulnérables, mais aussi pour les classes moyennes et les jeunes familles.

Il faut aussi une politique qui tienne compte des évolutions de société, des demandes particulières des familles au pluriel, soit des familles monoparentales, des familles recomposées...

Forte d'une trentaine de pages, la déclaration de politique du logement qui nous est présentée aujourd'hui atteste de la volonté du Collège de relever le défi.

Le groupe cdH se réjouit de la continuité des actions menées ou entamées sous la précédente législature, particulièrement celles qui semblent les plus prometteuses.

Afin de faire tomber quelque la pression immobilière, il faut continuer à redoubler d'efforts pour éliminer les logements inoccupés, poursuivre une politique de taxation, mais surtout poursuivre la politique de concertation avec les propriétaires de façon à les convaincre d'une prise en gestion de leur bien à l'amiable.

Afin de revitaliser notre coeur de Ville et de prôner des déplacements économes en énergie, cette lutte contre les logements inoccupés particulièrement aux étages des commerces est encore plus importante : le souhait du cdH est de battre le « record » relatif à la récupération d'une centaine de logements au-dessus des commerces.

Sensible à l'enjeu du vivre ensemble, nous saluons aussi le travail avec UNIA le centre pour l'égalité des chances qui permettra de lutter contre les discriminations dans le logement et nous nous permettons de proposer qu'un travail similaire soit mené avec l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes, car diverses études continuent à montrer que le logement est toujours plus difficile d'accès et plus cher pour les femmes surtout si elles sont seules à la tête d'une famille monoparentale.

Le groupe cdH salue aussi la vision prospective de la Déclaration qui s'appuie sur une analyse fine de l'évolution démographique : oui les besoins en logement évoluent, les familles peuvent désormais être à géométrie variable. Les Namurois et Namuroises peuvent avoir besoin, à la fois, de logements plus petits pour vivre en célibataire ou en couple, une semaine sur 2, et de logements pour familles nombreuses, l'autre semaine, les jours de garde, en cas de recomposition familiale. Il n'y a rien de contradictoire. Dans ce cadre, il peut être logique que des promotions immobilières futures envisagent la création de logements de petite taille. Mais pas de revenir à la division d'habitations existantes.

Toujours dans une vision prospective, le cdH se réjouit d'une politique de création de logements adaptables et adaptés, dès leur conception, qui devraient représenter à terme 20 % des logements, afin de répondre aux besoins d'une population à mobilité réduite et prenant de l'âge.

Comme nous avons pu le constater, le 22 octobre dernier, pour relever tous ces défis, la Ville n'est pas seule : sociétés de logement, agence immobilière sociale, fonds du logement pour familles nombreuses... les acteurs sont nombreux et gagneraient effectivement à être rassemblés au sein d'une « Maison du logement ».

Mais il nous paraît également important, au cdH, de continuer à impliquer le privé, y compris dans la politique du logement social, grâce à un partenariat public-privé et l'engagement logement, qui incite toute nouvelle promotion à inclure un pourcentage de logements sociaux.

L'accès à un logement sain reste en effet un droit fondamental qui conditionne l'intégration socio-économique de tout citoyen et citoyenne auquel le cdH reste particulièrement attaché.

Dorothée Klein, cheffe de groupe